(Présentation du Blog )

Théopol est un blog évangélique qui traite de théologie politique. La Théologie Politique est en théologie l’équivalent de la Philosophie Politique, c’est-à-dire qu’elle traite des théologies sous-jacentes aux idées ou actions politiques, ou plus généralement aux interactions entre l’Église au sens large et la politique au sens large également.

La discipline 

La théologie politique consistait autrefois à établir l’ordre politique nécessaire par la théologie, de la même manière que les philosophes cherchaient à établir l’ordre politique nécessaire par la philosophie. Dans les temps modernes, la religion cessa de fonder et de dicter l’ordre politique et la discipline disparut pour laisser place au domaine de l’Éthique. “Comment le chrétien peut-il participer ou doit-il participer à l’amélioration de la société” est, en gros, la question que pose cette discipline. On la nomme éthique sociale et traite du rapport du chrétien à la société sous l’angle de la morale ou de la responsabilité. De nos jours, refonder une théologie politique chrétienne passerait pour une tentative de retour en arrière.

On en oublierait presque que des penseurs ont utilisé l’expression pour en faire un axe de travail à part entière : Spinoza dans son Traité théologico-politique, ou Carl Schmitt dans son ouvrage Théologie politique, se posaient tous deux dans une démarche nouvelle consistant à réfléchir sur un même plan la foi, les croyances ou les dogmes dans leur lien avec la politique au sens large. 

La pertinence pour notre époque

Si le théologique ne définit plus le politique dans nos temps modernes les deux ne sont pas exempts de liens. Ils s’influencent mutuellement, de sorte que d’une part le théologique s’invite parfois en politique (sur ce sujet nous pouvons faire confiance aux universitaires séculiers pour mener une veille attentive), et que d’autre part le politique s’immisce aussi dans le théologique. Par ailleurs, la théologie véhicule systématiquement des valeurs et une vision du monde qui peuvent entrer en contradiction ou en résonance avec des idées ou concepts politiques. La théologie peut donc être tentée de se bâtir en réaction aux idées mondaines ou au contraire sous leur influence.  

À cela s’ajoute que les croyants sont autant d’interfaces diverses et variées entre la foi et la vie sociale. Par le truchement des individus ces interactions répétées, peuvent amener à des phénomènes sociaux plus ou moins significatifs. Toutes ces interactions sont délaissées par les théologiens et abandonnées aux sociologues, ou pire, aux journalistes. Il n’y a donc pas, malheureusement, dans le champ théologique, d’étude des théologies qui entrent en interaction avec les idées politiques, ce qui pourrait être l’un des buts de cette discipline. 

Cette étude que la théologie doit mener sur elle-même paraît même cruciale lorsque nous prenons en compte que nous vivons au siècle où les acteurs de la théologie ont le plus ressenti et formulé le besoin d’assumer leur part de responsabilité vis à vis de la société, conscients de leur poids morale et leur influence sur les consciences. Un sentiment de responsabilité qui leur vient d’une prise de conscience de ce qu’ils considèrent avoir été les manquements et les erreurs de leurs prédécesseurs. 

Ajoutons pour finir que les idées politiques contemporaines sont elles-mêmes plus aptes à créer des contiguïtés avec les pensées religieuses qu’elles ne l’étaient autrefois. Premièrement, elles ont comblé le vide laissé par la sécularisation et se sont mises à surfer sur le registre religieux, et se faisant sont devenues de fait très miscibles à des systèmes doctrinaux et à leur discours : elles peuvent s’appuyer sur l’idée du bien et du mal, et susciter en nous une fibre morale; elles ont une espérance, en promettant un monde meilleur; elles ont une praxis, et appellent à l’obéissance et en sollicitant en nous un désir de justice personnelle; elles ont parfois même une eschatologie et suscitent en nous une source de motivations millénariste propre aux religions qui définissent le sens de l’Histoire sous un angle dramatique. Deuxièmement, elles ne proposent plus des systèmes dogmatiques explicites que l’on pourrait contredire ou « démonter » point par point comme c’était le cas au XXème siècle, mais elles se proposent désormais sous forme d’éthiques, de valeurs, de positions pragmatiques invoquant le bon sens, ou encore de sentiments moraux, etc. les rendant de fait plus faciles à intégrer dans une doctrine religieuse.

De fait, l’Éxégèse, la doctrine, la théologie pratique, la liturgie, la pastorale, l’écclésiologie, etc… sont parfois sous influence de croyances, de visions du monde extérieures, entrées dans l’Église par l’intermédiaire des idées politiques. Mais il arrive aussi parfois que, plus simplement, les doctrines et les textes bibliques soient directement invoqués en soutien d’une cause ou d’un combat politique. 

Conclusion et but du blog

Ces interactions entre la théologie et le politique au sens large sont diverses dans leurs modalités, et leurs enjeux d’une telle importance qu’elles mériteraient un champ d’étude à part entière.

Dans ce blog nous nous contenterons d’un travail sommaire à visée informative. Informer le lecteur de l’actualité. Enrichir la culture du lecteur sur des questions théologico-politiques élémentaires dans l’Histoire de l’Église et dans le temps présent.

Le 24 Octobre 2025, par L’auteur du blog